Profil - Lionel Messi, le Messie du Barça
Aucunement intimidé, ni affolé par les sifflets qui l'ont longtemps accompagné, le tout jeune Lionel Messi a illuminé de son talent déjà unique le jeu du FC Barcelone, victorieux de Chelsea (2-1) en 8e de finale aller de la Ligue des champions de football.
Dix-huit ans seulement, l'Argentin, né le 24 juin 1987, a été le plus en vue, le plus impressionnant, le plus dangereux.
Chelsea pensait depuis l'an passé tout connaître du Barça. Mais Messi apporte un nouvel élément d'imprévisibilité dans l'équation.
Pendant sur le côté droit de Ronaldinho, il a éclipsé le Brésilien.
Pour son centre de gravité bas, son pouvoir d'accélération, ses dribbles déstabilisants, son pied gauche -au-delà des racines communes argentines et en quelque sorte catalanes, Messi a été désigné comme le successeur de Maradona dans son pays.
Des épigones, l'ancien n°10 du Barça s'en est déjà vu désigner quelques-uns, dont aucun n'a jamais confirmé. Messi, cependant, est «différent des autres», estime «El Pibe de Oro». Différent, le défenseur de Chelsea, Asier Del Horno, a pu s'en convaincre. Sur l'aile sillonnée par Messi, l'Espagnol a vécu le martyre.
Immédiatement dépassé, comme sur cette percussion amenant un centre mal conclu par Eto'o puis Ronaldinho, il a été le héros malheureux d'une inévitable nouvelle polémique.
Del Horno a changé la face du match en étant exclu pour avoir taclé sèchement l'insaisissable Argentin.
Bien innocent sur l'action, Messi n'a pas manqué de s'attirer des remarques acrimonieuses signées Jose Mourinho.
«Messi ne pourrait-il pas être suspendu pour simulation?, s'est interrogé le manageur londonien. Barcelone est une ville très riche culturellement. Vous y savez tout sur le théâtre. Vous y avez des théâtres de très bonne qualité».
«Non, honnêtement, je ne suis pas d'accord avec Mourinho, a répondu l'Argentin. Je n'ai pas simulé. Je ne suis pas un comédien, j'aime quand il y a du combat de la lutte ».
«Sur l'expulsion, je ne sais pas trop ce qui se passe, a-t-il raconté. Je saute pour éviter le choc mais il me rentre dedans.
Je ne sais pas s'il joue le ballon, ça sincèrement je ne l'ai pas vu. Sur le coup, ça m'a vraiment fait mal. Je pense que le rouge vaut pour les deux grosses fautes consécutives».
Le champion du monde -il a été élu meilleur joueur du tournoi- ne s'est pas ensuite laissé affecter par les sifflets tombant de Stamford Bridge. Son nouvel opposant, Paulo Ferreira, n'est pas plus parvenu à lire son jeu.
Incursion dans la surface pour un centre en retrait sans personne à la réception, merveille de frappe enroulée du gauche sur la transversal. Il a aussi pu bénéficier d'un penalty pour une faute de John Terry- a déroulé les gestes de classe.
Si la réussite individuelle ne l'a pas récompensé, l'Argentin -que le Barça a fait signer jusqu'en 2014, avec une clause libératoire fixée à 150 millions d'euros- était dans un monde à part.