Suisse, Corée du Sud et Togo pour les Bleus

Publié le par lions de l'atlas

La Suisse au 1er tour, comme à l'Euro. (L'Equipe

 

Le précédent de 2002 et le profil de leurs adversaires oblige les Bleus à une certaine prudence avant d'affronter la Suisse, la Corée du Sud et le Togo au premier tour de la Coupe du monde. Mais l'équipe de France sait qu'elle a eu un tirage très abordable. L'Argentine, l'Angleterre ou même le Brésil ont eu beaucoup moins de chance.

La Suisse se rapproche de la vérité

Moins de quatre ans après la catastrophe de 2002 et moins de deux mois après la quasi défaite des Bleus à Berne en éliminatoires (1-1), il faut saluer d'une élémentaire prudence le sort réservé à l'équipe de France pour le premier tour de la Coupe du monde allemande. La Suisse, la Corée du Sud  et le Togo  formeront avec elle un groupe G aussi difficile à palper que celui qui lui fut proposé en 2002 pour un échec historique. Avec le Danemark, elle avait alors affronté une vieille connaissance continentale, ce qu'est aussi la Suisse aujourd'hui. Avec le Togo, elle retrouvera encore une équipe africaine participant à sa première Coupe du monde, même si le Sénégal de 2002 semblait évoluer un ton au-dessus, dans des eaux qui sont celles aujourd'hui de la Côte-d'Ivoire. Enfin, la Corée du Sud est sur le papier l'adversaire le plus difficile à cerner. Demi-finaliste en 2002 avec un jeu allant à cent à l'heure, elle a perdu ses deux précédents matches contre la France, au cours de ce siècle (0-5 et 2-3) et ne semble pas posséder le même volume qu'à l'époque de Guus Hiddink. Mais le charme d'un Mondial est aussi de contredire ces impressions et vaporeux souvenirs.

«Quand je compare notre groupe à celui des autres, je me dis que ce n'est pas trop mal et que cela aurait pu être pire , a résumé Vikash Dhorasoo vendredi sur L'Equipe TV. Nous avons toutes nos chances. On connaît bien les Suisses, à mon sens la meilleure équipe du groupe avec nous et nous sommes capables de les battre. Les deux autres équipes sont à notre portée .» Vu son rang, ses ambitions et le manque d'expérience internationale durable de ses rivaux, la France aura, comme lors des deux précédents rendez-vous - mais c'était objectivement plus facile en 1998 -, une obligation de résultat. La Suisse, seule équipe à l'avoir déjà battue, ne l'a plus fait depuis 1992, ne l'a jamais réussi en compétition et disputera seulement sa deuxième Coupe du monde en quarante ans. En dix-sept mois, elle a échoué dans l'exercice à l'Euro 2004 (3-1) et cette année en éliminatoires de la Coupe du monde, au cours de deux matches qui ont cependant paru rapprocher les Helvètes de la vérité (0-0 et 1-1). Les Bleus ont frôlé un tirage qui aurait été beaucoup plus abordable avec l'Arabie Saoudite  à la place de la Corée, et un affrontement qui aurait eu davantage de sel avec la Tunisie  de Roger Lemerre. Les deux nations auront finalement l'Espagne  et l'Ukraine  pour adversaire. C'est d'ailleurs de ce groupe que sera issu l'opposant d'un huitième de finale théorique pour les Bleus.

France - Allemagne en demi ?

Le tirage de Leipzig en dit finalement moins sur les chances des Français d'aller loin que le déroulement du tournoi pour Domenech et ses hommes. Il débutera tard, le 13 juin, soit cinq jours après le match d'ouverture. Il mènera les Bleus dans trois stades différents, Stuttgart, Leipzig et Cologne, trois villes plutôt éloignées du camp de base vers lequel la FFF s'est orienté ces dernières heures, selon une fuite de la FIFA. Près de Hanovre, les Bleus seraient mieux placés pour un parcours long qui les mènerait notamment à Berlin en finale, le 9 juillet. Le classement à l'issue du premier tour aura un rôle capital si le Brésil assume son rôle de favori en terminant en tête du groupe H. Deuxièmes, les Bleus s'exposeraient à un quart de finale contre les Auriverde . Premiers, ils ne les croiseraient pas avant la finale. En filigrane, se profile aussi une possible demi-finale France - Allemagne à Dortmund le 4 juillet, cette revanche que la Croatie avait empêchée en 1998 mais que la France devra bien prendre un jour après les désillusions de 1982 et 1986.

Reste à savoir quelles têtes de série parviendront à marcher sur les traces du chemin idéal pour rendre crédibles ces scénarios balisés. Deux d'entre elles n'avaient pas passé le premier tour en 2002, et il est clair à ce petit jeu que l'Allemagne  (Costa Rica, Pologne, Equateur) ou l'Angleterre  (Suède, Paraguay, Trinidad-et-Tobago) possèdent plus de chances d'émerger que l'Argentine, l'Italie  voire le Brésil . Comme en 2002, l'Argentine devra sortir d'un groupe extrêmement dense, avec les Pays-Bas, la Serbie-Montenegro et la Côte-d'Ivoire. L'Italie retrouvera sur sa route le stratège de la Juventus Pavel Nedved et sa République tchèque, demi-finaliste du dernier Euro, mais aussi les Etats-Unis quarts de finalistes en 2002 et le Ghana, où officiera l'explosif Michael Essien. Même le Brésil devra batailler tôt contre la Croatie, l'Australie de Guus Hiddink et le Japon de Zico. Le groupe le plus prévisible semble être le D, où le Mexique  et le Portugal  évoluent nettement au-dessus de l'Angola et de l'Iran... sauf si la préparation imparfaite des uns et l'émotion des autres brouillent les cartes comme en 2002. Le tirage des Bleus, en décembre 2001, était alors très jouable.

LES ADVERSAIRES DES BLEUS

SUISSE
Sélectionnée par Köbi Kuhn depuis juin 2001, 36e au classement FIFA.
> 7 participations (1934, 1938, 1950, 1954, 1962, 1966, 1994), trois quarts de finale (1934, 1938, 1954)
> 2e du groupe 4 de la Zone Europe avec 18 points (4 victoires, 6 nuls, 0 défaite, 18 bp, 7 bc), victoire 2-0 à l'aller à Berne contre la Turquie en barrages, défaite 4-2 au retour à Istanbul.
> 35 matches contre la France, 12 victoires suisses, 8 nuls 15 défaites.
> L'équipe de Köbi Kuhn est une mosaïque qui s'est assignée une mission : en finir avec l'image du "petit Suisse" véhiculée par des années de quasi absence de la scène internationale. Cette équipe, qui disputera seulement sa troisième Coupe du monde en quarante ans, est un carrefour entre une génération mature mais sans référence (Müller, Vogel, Wicky, Zuberbühler), et des joueurs qui ont fait leurs preuves chez les jeunes (Frei, Cabanas, Magnin, Senderos et Vonlanthen). Elle a prouvé son caractère en barrages contre la Turquie, notamment à l'aller (2-0), et son niveau de jeu face à la France. L'Euro 2004 a déjà offert une expérience internationale à ce beau monde.

COREE DU SUD
> Dirigée par Dick Advocaat (PBS), depuis septembre 2005, 29e au classement FIFA.
> 6 participations (1954, 1986, 1990, 1994, 1998, 2002), quatrième en 2002
> Vainqueur de la Coupe d'Asie (1956, 1960), vainqueur des Jeux asiatiques (1970, 1978, 1986)
> 2e du groupe A du tour final de la zone Asie (10 points, 3 victoires, 1 nul, 2 défaites, 9 bp, 5 bc)
> 2 matches, 2 défaites contre la France.
Des débuts hasardeux lors des premiers matches de qualification ont mis la Corée du Sud sur la mauvaise pente et placé le Portugais Humberto Coelho sur un siège éjectable. Le Néerlandais Jon Bonfrere a assuré la relève et remis les Coréens sur les bons rails. Mais un dernier tour poussif l'a tout de même contraint à jeter l'éponge. Dick Advocaat, troisième sélectionneur «orange» à prendre en main la destinée des guerriers Taeguk, aura la lourde tâche de faire aussi bien que son compatriote Guus Hiddink. Il avait permis à la République de Corée d'atteindre les demi-finales pour la première fois de son histoire, en 2002, après des victoires sur la Pologne, le Portugal, l'Espagne et l'Italie.

TOGO
> Dirigée par Stephen Keshi (NGR) depuis avril 2004, 56e au classement FIFA.
> Aucune participation à la Coupe du monde.
> Aucun palmarès
> : 1er du groupe 1 de la zone Afrique (23 points, 7 victoires, 2 nuls et 1 défaite, 20 bp, 8 bc)
> Aucune rencontre contre la France.
> La réussite d'Emmanuel Adebayor avec le Togo est inversement proportionnelle à celle qui le fuit à Monaco cette saison. Avec 11 buts à lui seul (meilleur buteur de la zone Afrique), Adebayor a incarné la réussite de l'équipe du sélectionneur nigérian Stephen Keshi en phase éliminatoire. Le Togo participera à son premier Mondial sur le territoire de son ancienne puissance coloniale. Il ne l'a pas volé, éliminant le Sénégal (archi-dominé 3-1) et la RD Congo au passage. Keshi sait ce qui l'attend : il était le capitaine du Nigeria huitième de finaliste en 1994.

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