Pour la défense des Bleus, un seul mot d'ordre: No pasaran

Publié le par mondial du foot 2006 allemagne - football

La défense de l'équipe de France de football va devoir résister aux assauts du meilleur bataillon offensif du premier tour, l'Espagne, mardi à Hanovre en 8e de finale du Mondial-2006, pour un baptême du feu qui peut confirmer qu'elle est bien le point fort tant vanté des Bleus.

 

PHOTO: L'arrière droit français Willy Sagnol lors d'une conférence de presse à Hameln, le 26 juin 2006.

"Si on joue contre l'Espagne sans être solides derrière, on peut préparer le billet retour!"
 Le sélectionneur Raymond Domenech a donné le ton samedi, au lendemain de la victoire contre le Togo (2-0): les Bleus savent qu'ils affrontent une machine à marquer (huit buts), à frapper au but (62 tirs) et surtout à cadrer (33 tirs). Dans ces trois catégories, la "Seleccion" affole les compteurs.

A l'opposé de l'équipe de France, qui semble avant tout mettre du coeur à défendre collectivement. C'est du moins l'un des principaux axes du discours des joueurs et du sélectionneur.
"Dans le groupe, on défend à dix devant le gardien, affirme Eric Abidal, qui va retrouver mardi son poste d'arrière gauche après une suspension face au Togo. En défendant bien, on aura toujours plus de chances de marquer des buts."

"La défense, c'est une base solide pour nous, souligne aussi Vikash Dhorasoo. L'Espagne est peut être très forte offensivement mais nous on peut s'appuyer sur notre défense. Tant qu'on ne prend pas de but, on garde toujours à l'esprit qu'on peut en marquer un."
Pour l'heure, les chiffres parlent pour l'arrière-garde des Bleus.

Depuis que la défense type Sagnol-Thuram-Gallas-Abidal a été mise en place pour la première fois, il y a un mois contre le Mexique (1-0) en amical, elle n'a été prise en défaut que deux fois en cinq matches, contre la Chine (3-1) en amical sur penalty et face à la Corée du Sud (1-1) au Mondial.


D'un autre côté, elle n'a encore jamais gagné un match officiel puisque c'est Silvestre qui a joué arrière gauche contre le Togo (2-0).
"Petit à petit, plus les matches passent, moins on fait d'erreur et plus nos réglages sont minutieux, cela se joue sur des placements, des déplacements", témoigne Abidal, qui loue aussi le travail de Vieira et Makelele, qui forment selon lui le "meilleur milieu défensif" du Mondial.

PHOTO: Les français (de G à D) Vikash Dhorasoo, Florent Malouda, Eric Abidal et Sidney Govou lors d'un entraînement à Hameln, le 25 juin 2006.

"Avant les trois matches de préparation, nous n'avions jamais pu mettre en place la défense actuelle, remarque Willy Sagnol. C'est dans la connaissance des uns et des autres qu'on a progressé. La relation Thuram-Gallas est de mieux en mieux, la couverture dans le dos de Lilian (Thuram) derrière moi ou d'Eric (Abidal) derrière William (Gallas) aussi."

Le secret de leur réussite défensive, relativisée par une certaine fébrilité sur les coups de pied arrêtés, réside dans la vision "collective" du travail défensif que les Bleus ont adoptée. "Tout le monde travaille pour que l'équipe défende bien, pas seulement les défenseurs", note ainsi Dhorasoo.

"Notre approche défensive, c'est de parler de bloc, de groupe, et de ne pas se focaliser sur la qualité offensive de l'adversaire", assure Sagnol, inamovible arrière droit bien que coupable d'une erreur de marquage sur le Coréen Cho Jae-jin pour le seul but encaissé par les Bleus dans ce Mondial.

Historiquement, les Bleus savent qu'ils sont souvent allés loin en phase finale avec une défense imperméable. Ce fut le cas en 1998. A entendre Sagnol, c'est un peu ce qui les inspire.
"C'est surtout là-dessus (la défense) qu'il faut s'appuyer, parce que c'est ça qui nous fera aller loin dans la compétition", disait-il après le match contre la Suisse (0-0), alors que le parcours des Bleus commençaient à peine.

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